Billets d'humeur

Y a-t-il un âge pour se former ?

Un tel sujet ? pourquoi ? Parce que je suis au quotidien en contact avec le personnel lors d’audits et que je suis bouleversée. L’une des questions que je pose est la suivante « quelles seraient les compétences que vous souhaiteriez travailler ?A quelles technologies ou méthodes aimeriez-vous être formés ? ».
Et bien depuis quelques semaines je me heurte à des réflexions qui m’exaspèrent et m’inquiètent ! La dernière en date est très récente. Une femme de 49 ans (mon âge, d’où ma colère) m’a expliqué qu’elle était « trop âgée pour être formée et qu’elle attendait la retraite ». Authentique... et le problème c’est que toutes ses collègues de la même génération, m’ont à quelques mots près, tenu le même discours.
Comble de la situation, ces femmes sont graphistes dans une imprimerie, donc au quotidien sur des technologies digitales.

Deux réflexions s’entrechoquent ; la première est que si, dans ce monde en perpétuel mouvement, on arrête d’avancer à 50 ans, les 30 prochaines années vont être terribles ! Parce que je ne sais pas si vous y avez déjà pensé, mais il y a 30 ans, on n’avait ni mobile, ni internet....elles ont commencé à l’époque du Machtprint, ont découvert la PAO et s’arrêtent. Donc quand l’immobilisme règne à l’heure ou l’Intelligence Artificielle frappe à notre porte je trouve cela très dangereux La seconde réflexion est d’ordre plus macro-économique. Il est de la responsabilité de l’employeur de garantir l’employabilité de ses salariés, donc de les « éduquer » à la formation continue. Il ne s’agit pas de remise en question totale devant laquelle l’employé panique, mais bien d’une progression continue, de la découverte jour après jour et de nouveaux horizons. Les prudhommes commencent à sanctionner les plus récalcitrants, mais dans les faits, j’observe nombre d’entreprises ne pas réagir.
L’employeur permettant que dans ses équipes, les collaborateurs ne se forment pas, commet à mon sens une faute grave. Le Dif a été le reflet que l’initiative salariée ne voit le jour qu’au sein des populations les plus diplômées. A nous donc de prendre par la main nos collaborateurs, en les rassurant, en leur proposant des approches innovantes, et en « dédramatisant et systématisant » des programmes construits pour eux. Dans le cas contraire, une fracture sociale bien plus importante que ce que nous vivons aujourd’hui nous attend, et nous en serons collectivement responsables.